SPORTIFS DE HAUT NIVEAU
Blessures récidivantes : agir au-delà de la zone blessée
Une blessure modifie non seulement les structures touchées, mais également les informations sensorielles et les stratégies utilisées par le système nerveux pour contrôler le mouvement.
Après une blessure, des adaptations du système nerveux peuvent persister et modifier le contrôle neuromusculaire, l’intégration des informations sensorielles et l’automatisation du mouvement. Chez le sportif de haut niveau, ces modifications prennent une importance particulière lorsque le mouvement doit être produit rapidement dans un environnement complexe et imprévisible.
L’approche neurocognitive vise à identifier et à travailler ces capacités afin de compléter la réhabilitation physique et de préparer le sportif aux exigences réelles de sa discipline.
AU-DELÀ DE LA ZONE BLESSÉE
Une blessure modifie aussi le contrôle du mouvement
Lors d’une blessure, l’altération des informations sensorielles provenant de la zone lésée modifie les informations transmises au système nerveux. Celui-ci s’adapte et réorganise la manière dont il contrôle le mouvement.
Ces adaptations peuvent persister après la récupération de la structure blessée et se traduire notamment par une modification du contrôle neuromusculaire, une plus grande dépendance aux informations visuelles, une diminution de l’automatisation du mouvement ou une augmentation des ressources cognitives nécessaires pour réaliser une tâche motrice.
Informations sensorielles
Intégration sensorimotrice
Contrôle neuromusculaire
Mouvement
Chez le sportif de haut niveau, ces adaptations prennent une importance particulière lorsque le mouvement doit être réalisé sous contrainte de temps, avec une prise d’information rapide, une décision à produire et un environnement en constante évolution.
Restaurer la force et les capacités physiques ne signifie donc pas nécessairement avoir restauré l’ensemble des mécanismes qui permettent de contrôler efficacement le mouvement.
BLESSURES RÉCIDIVANTES
Pourquoi une blessure peut-elle récidiver ?
Le retour à la pratique sportive expose de nouveau l’athlète à des situations rapides, complexes et souvent imprévisibles. Or, la récupération de la force, de la mobilité ou de la stabilité articulaire ne garantit pas à elle seule que l’ensemble des mécanismes permettant de contrôler efficacement le mouvement ait retrouvé son niveau initial.
1
Dépendance visuelle
Après certaines blessures, le système nerveux peut davantage s’appuyer sur les informations visuelles pour contrôler le mouvement, notamment lorsque les informations proprioceptives sont altérées. Cette stratégie compensatoire peut devenir moins efficace lorsque l’attention visuelle doit simultanément être dirigée vers l’environnement sportif.
2
Coût cognitif du mouvement
Un mouvement auparavant automatisé peut nécessiter davantage de ressources attentionnelles après une blessure. Lorsque le sportif doit simultanément analyser son environnement, prendre une décision et réaliser une action motrice, cette sollicitation supplémentaire peut perturber le contrôle du mouvement.
3
Traitement de l'information et réactivité
La vitesse de traitement de l’information, l’attention visuelle, la mémoire de travail ou le temps de réaction participent à la capacité du sportif à adapter rapidement son mouvement à une situation imprévue. Des performances neurocognitives plus faibles ont été associées à des stratégies biomécaniques susceptibles d’augmenter les contraintes appliquées au genou.
4
Décalage entre les tests et le terrain
De nombreux tests de retour au sport évaluent le sportif dans des situations relativement prévisibles. La compétition impose au contraire de percevoir des informations, gérer des distracteurs, anticiper, décider et adapter le mouvement en quelques fractions de seconde
La récidive ne dépend donc pas uniquement de la capacité du corps à produire un mouvement, mais aussi de la capacité du système nerveux à l’adapter rapidement aux informations provenant de l’environnement.
RÉHABILITATION & RETOUR AU SPORT
Réhabiliter pour les exigences réelles de la performance
La compétition ne se déroule pas dans un environnement prévisible. Le sportif doit en permanence percevoir des informations, sélectionner celles qui sont pertinentes, prendre une décision et adapter son mouvement, souvent en quelques fractions de seconde.
La réhabilitation neurocognitive vise à réintroduire progressivement ces contraintes afin que le mouvement ne soit pas seulement restauré, mais qu’il puisse de nouveau être produit efficacement dans les conditions propres à la performance sportive.
1. Percevoir
Réintégrer progressivement les informations visuelles, proprioceptives et sensorielles nécessaires au contrôle du mouvement.
2. Décider
Introduire des situations dans lesquelles le sportif doit sélectionner une information, faire un choix et adapter sa réponse motrice.
3. Réagir
Réduire progressivement le caractère prévisible des exercices afin de solliciter la capacité à produire rapidement une réponse adaptée à une situation qui évolue.
4. Performer sous contrainte
Combiner progressivement les exigences cognitives, motrices et physiques afin de rapprocher les situations proposées des contraintes rencontrées à l’entraînement puis en compétition.
L’objectif est de réduire progressivement l’écart entre un mouvement réussi dans un environnement contrôlé et un mouvement efficace dans la complexité de la compétition.
Les contraintes ne sont pas les mêmes selon le sport, le poste occupé, les mécanismes de la blessure ou les situations dans lesquelles elle est survenue. Les exercices sont donc progressivement adaptés aux exigences perceptives, décisionnelles, motrices et physiques propres au sportif et à sa discipline.
PROFILAGE NEUROCOGNITIF
Identifier les capacités à travailler avant de les réentraîner
Deux sportifs présentant la même blessure ne présentent pas nécessairement les mêmes adaptations ni les mêmes besoins. La réhabilitation neurocognitive commence donc par l’identification des capacités susceptibles d’influencer le contrôle du mouvement et la réponse du sportif aux contraintes de son environnement.
Le profilage neurocognitif permet d’évaluer différentes dimensions impliquées dans la performance afin d’identifier les points forts, les points de vigilance et les capacités à intégrer prioritairement dans l’accompagnement.
Attention
Réaction
Suivi visuel
Champ attentionnel
Précision / dosage
Captation sensorielle
Ces informations sont ensuite mises en relation avec l’histoire de la blessure, les exigences de la discipline et les situations dans lesquelles le sportif doit être capable de percevoir, décider et agir rapidement.
L’objectif n’est pas de rechercher un profil neurocognitif “idéal”, mais d’identifier les capacités pertinentes à restaurer ou à optimiser pour chaque sportif.
RÉSERVER MON PROFILAGE NEUROCOGNITIFUN ACCOMPAGNEMENT INTÉGRÉ AU RETOUR À LA PERFORMANCE
Aller au-delà de la récupération physique
Vous avez déjà subi plusieurs blessures similaires ou vous souhaitez intégrer la dimension neurocognitive à votre processus de réhabilitation ?
L’accompagnement permet d’identifier et de travailler les capacités neurocognitives et sensori-motrices pertinentes au regard de votre blessure, de votre profil et des exigences de votre discipline, en complément du travail médical, paramédical et physique déjà mis en place.
Vous êtes accompagné par un staff médical et de performance ?
N’hésitez pas à vous rapprocher de votre staff ou de votre structure afin d’envisager l’intégration de l’accompagnement neurocognitif à votre processus de réhabilitation et de retour à la performance. Une convention peut être mise en place avec le club, l’équipe ou la fédération.
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